Vendredi 3 octobre 2008
Télérama vient de sortir une enquête très intéressante sur le système Morandini

Morceaux choisis et commentaires :


"Début août, Jean-Marc Morandini a passé un savon à l'AFP. La prestigieuse agence de presse lui aurait chipé une info sur son blog, jeanmarcmorandini.com. Un « geste très peu confraternel », déplore l'animateur. Car Morandini est fier de ses scoops."


"La force de Jean-Marc, c'est d'être un Français moyen, résume Emmanuel Maubert. Il ne parle pas en spécialiste, du coup, les auditeurs se reconnaissent. » Le 15 septembre, jour de la faillite de la banque Lehman Brothers, il ne s'intéresse qu'à la « taxe pique-nique » sur les gobelets et les couches-culottes (« C'est encore le consommateur qui va se faire pigeonner », souffle-t-il en conférence de rédaction). Pas besoin de cogiter pour être populaire : Mme Michu, c'est lui.

Mme Michu, c'est l'autre petit nom de la ménagère de moins de 50 ans dans le petit monde des médias. Morandini use des ficelles de la proximité, un peu comme dans les médias locaux : parler de la vie quotidienne, des préoccupations de monsieur-madame tout le monde. 


"C'est là que la rédaction grince. Intervieweur tonique, à l'aise dans l'improvisation, Morandini est connu pour n'être ni intello ni cultivé. En novembre 2007, dans une émission de Laurent Ruquier, il se montre incapable de reconnaître les ministres du gouvernement sur photo. Il préfère le scoop à la précision. « Au fond, il n'a pas l'esprit journalistique, ce respect sacré de la vérité, analyse une reporter d'Europe 1.C'est plutôt un bateleur qui sait vendre une info, sinon la survendre. » " 

J'avais vu l'émission à l'époque, et voir le nouveau présentateur de la tranche d'info du midi être incapable de reconnaître les ministres, ça m'avait fait un peu peur ...


"Ce n'est pas le cas ailleurs, sur le blog ou sur Direct 8, qui cavalent sans garde-fou. Morandini a installé des jeunes aux commandes. Cheveux gominés, sourire, pas de diplôme. Ils apprennent sur le tas, et tant pis pour l'orthographe et les infos non vérifiées. Le responsable du blog, ex-stagiaire à Direct 8, est un « type charmant qui passe systématiquement tous les communiqués qu'on lui envoie »,raconte une attachée de presse de France Télévisions. Manifestement, on est loin du Canard enchaîné. Sur Direct 8, l'un de ses chroniqueurs, recruté alors qu'il était animateur-DJ dans un camping, a même été mis à pied en juillet pour s'être procuré des photos du loft de Secret story auprès d'un agent d'entretien d'Endemol. Sur Europe 1, Morandini fait travailler trois stagiaires à plein temps, peu payés, qui ont chacun trois programmes à regarder chaque soir à la télévision pour concocter le zapping du lendemain. Le reste de la journée, ils lui rédigent les questions de ses interviews. « Les stagiaires, c'est la base du système Morandini, note l'un de ses anciens collaborateurs. Sans ces petites mains, il ne pourrait pas cumuler autant d'activités. » " 

Ah, les stagiaires ! Il y a trois ans, j'avais vu une annonce de stage dans l'émission de Morandini. Six mois, sans aucune, je dis bien aucune indemnité. Bref, il fallait bosser gratos. Aujourd'hui, avec la nouvelle législation, je pense que ça a dû passer au 30% du SMIC, mais ce n'est quand même pas terrible quand on fait vivre une émission de radio ... L'article semble sous entendre que Morandini n'est pas très regardant sur ses stagiaires. "Pas de diplôme -en journalisme ?-, mauvaise orthographe, infos non vérifiées" et surtout  "Le responsable du blog, ex-stagiaire à Direct 8, est un « type charmant qui passe systématiquement tous les communiqués qu'on lui envoie »", bref, absolument pas professionnels. Je rassure, les stagiaires ne sont pas tous comme ça, mais là apparemment le recrutement doit se faire n'importe comment. Ou alors les étudiants en journalisme ne veulent pas bosser pour Morandini ?


"Morandini est une marque, déclinable sur différents supports, avec les mêmes informations, parfois inédites, souvent piochées dans les journaux et non recoupées (« Si un journal publie une info, je n'ai pas de raison d'en douter. Et de toute façon, je n'ai ni le temps ni les moyens de la vérifier »)."

Et là, tous les étudiants en journalisme de France tombent de leur chaise. La vérification, ce n'est pas le BA-ba du métier ?


Et ça continue (encore et encore) tout au long de l'article dont je vous recommande chaudement la lecture !

Pour avoir une idée du site de Morandini : C'est par là 
Par Chloé - Publié dans : Multi-médias
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Mardi 30 septembre 2008
En juillet dernier, le CNPEJ (Commission Nationale Paritaire de l'Emploi des Journalistes) a décidé de revoir les conditions d'attribution de la reconnaissance des écoles de journalisme par la profession. Rappelons qu'aujourd'hui douze écoles sont reconnues (ESJ, CFJ, IPJ, Celsa, CUEJ, IFP, EJCM, IUT de Lannion, ICM, IJBA, IUT de Tours, EJT). Les reconnaissances sont réexaminées tous les cinq ans.

Les écoles ont jusqu'au 30 octobre pour se conformer aux nouvelles directives si elles souhaitent conserver leur reconnaissance.

Désormais, l'insertion des diplômés est primordiale. L'école devra fournir des statistiques sur le devenir de ses diplômés. L'existence d'une association des anciens élèves sera également primordiale, ainsi qu'une bourse aux emplois.

Le contenu des études sera également vérifié. Les écoles devront fournir l'emploi du temps des étudiants, ainsi que le budget des heures payées, afin de vérifier les heures d'enseignement effectivement effectuées.

Grande nouveauté, les formations non initiales (formation continue ou en apprentissage) pourront être reconnues.

Le but avoué de la réforme est de limiter le nombre d'écoles reconnues, et donc de limiter le nombre d'étudiants issus de ces formations sur un marché du travail guère florissant. Les critères de reconnaissance n'avaient pas été reformés depuis 2001.

Pour rappel, les 10 critères de reconnaissance de la profession : 

Critère 1 :

La CNPEJ instruit la demande de reconnaissance d’un établissement d’enseignement à la condition que deux promotions de diplômés aient pu bénéficier du cursus de formation initiale, objet de la demande.

Critère 2 :

La reconnaissance de l’établissement d’enseignement est subordonnée à la mise en place d’un conseil pédagogique paritaire dans lequel siègent des représentants désignés par les organisations professionnelles et syndicales signataires de la convention des journalistes.

Ce conseil veille à la séparation effective entre la filière d’enseignement du journalisme et toutes autres filières. (...) II se réunit au minimum trois fois par an.

Critère 3 :

L’établissement d’enseignement dispense une formation générale au métier de journaliste d’au minimum trois semestres, répartis sur deux années civiles, et incluant des parcours d’approfondissement à la pratique des différents médias d’information.

Cette formation est sanctionnée par un diplôme reconnu par la profession.

Critère 4 :

L’exercice du métier de journaliste requiert une culture générale permettant la compréhension du monde contemporain et un esprit critique ;une bonne maîtrise écrite et orale de la langue française ;une connaissance satisfaisante d’au moins une langue étrangère.

Les enseignements généraux s’attacheront à développer ces trois pré-requis.

(liste complète des enseignements disponible ici

Critère 5 :

Mise â disposition de tous les élèves de moyens techniques (matériels, locaux, ...) et pédagogiques en correspondance avec la diversité des enseignements dispensés. Ils doivent être de qualité professionnelle pour mettre l’étudiant dans les conditions d’exercice de son futur métier.

Critère 6 :

Les enseignements doivent être dispensés par un corps professoral compétent, composé de professionnels ou de spécialistes de chaque discipline.

Critère 7 :

Le cursus de formation doit comprendre obligatoirement au moins deux stages pratiques dans des médias d information, chacun d’une durée minimale de huit (8) semaines. Ils participent des conditions d’obtention du diplôme. (...)

Critère 8 :

Un dispositif d’accompagnement pour l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés est organisé par l’établissement.

Critère 9 :

La reconnaissance est sujette à réexamen tous les cinq ans minimum, sur la base d’un rapport triennal adressé à la CNPEJ sur l’application des critères de reconnaissance. Dans l¹hypothèse d’un retrait de la reconnaissance, la (ou les) promotion(s) en cours continuerai(en)t de bénéficier des avantages afférents.

Critère 10 :

Les frais d’inscription et de scolarité doivent être accessibles au plus grand nombre. 




Photo : Facade du CFJ
Source : Institut Boivigny 
Par Chloé - Publié dans : Ecoles de journalisme
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Lundi 29 septembre 2008
« On va aller sur un journal payant dès qu’on pourra. Il pourrait être conçu suivant le modèle d’Il Foglio, un journal de gens intelligents. Ce serait un quotidien généraliste qui proposerait surtout des analyses et serait vendu entre 0,50 et 1 euro».

Voilà. Après avoir envahi les métros et les centre-ville avec ses gratuits aux qualités plus que discutables (la palme revenant à Direct Soir, un hommage au vide : comment peut-on remplir une vingtaine de pages avec du vent ? *), Bolloré veut lancer un payant pour "les gens intelligents". Les décideurs quoi.

Deux remarques : 

- "Les gens intelligents", ils ont pas déjà Le Monde, Le Figaro, Libération ?
- Par contraste, les autres journaux de Bolloré, c'est pour les gens bêtes ? En même temps, vu la nullité des dits-journaux, ça ne m'étonnerait pas que ce soit ce que pense vraiment Bolloré ...

Tu en veux encore ?

" L’homme d’affaires envisage aussi de lancer un hebdomadaire gratuit du week-end, baptisé Direct week-end. «Ce ne sera ni un féminin, ni un news, et il est conçu sur le modèle de Paris-Match avec du people, de l’économie, du sport, de la high-tech, de la décoration, de la mode.» "

Oh mon dieu. Ca ne finira donc jamais.


* A noter la pub que fait Direct Soir pour les programmes de Direct 8, la chaîne du Monsieur, dans les pages télé. C'est chouette l'indépendance !
Par Chloé - Publié dans : Presse écrite
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Lundi 29 septembre 2008
Aujourd'hui, Liberation.fr a mis en ligne sa nouvelle maquette. Il était temps, la dernière étant juste catastrophique. Libé new look repompe le design du Figaro.fr, en tout de même moins bien. Petite nouveauté, le site est décliné en trois volets : la Une, Labo (tous les contenus multimédias du site), et Rebonds (les textes d'opinions et les commentaires des internautes). Le site promet sous peu un Libé +, qui permettra aux internautes de mieux communiquer entre eux. A voir. En fait, la vraie bonne nouvelle, c'est la gratuité totale des archives du journal. Il était temps ! La quasi totalité des journaux anglais propose ses archives online gratuitement (pour le plus grand bonheur des étudiants en plein mémoire de recherche .... souvenirs ....).
Par contre, au secours la pub géante pour Longchamp sur toute la home. Il faut bien vivre, mais ça bouffe quand même le tiers de la page ...
 
Pour ma part, le seul bon site web d'information français, c'est, et de loin, le figaro.fr. La mise en page est claire et agréable. Certes, il faut scroller pour lire toute la home (idem chez libe.fr, mais en pire, la home était beaucoup trop longue à mon goût), mais les informations s'enchaînent lisiblement. Il y a de l'espace, ça respire, bref, c'est agréable.

Pas du tout le cas de la nouvelle mouture du Monde.fr. C'est simple, je ne vais plus sur le site depuis ce changement. Pourquoi ? Parce que je ne m'y retrouve pas ! La home est fournie, du moins en apparence. En la lisant, on remarque vite qu'il n'y a .... rien .... Quatre titres en Une, et c'est tout. Pour en savoir plus, il va falloir s'aventurer dans les onglets (France, Monde, Culture ...). Pas très intuitif ... On peut quand même avoir un aperçu des autres titres, en descendant bien en bas de la page. Là, caché entre En continu (les MAJ du site), En images, et A ne pas manquer, un bloc Rubriques, un peu perdu. Mais pourquoi l'avoir mis-là ?! En plus, aucune image donnant envie de cliquer, même pas de titre en gras ou un peu plus gros que les autres pour attirer l'oeil. A croire que le Monde ne veut pas qu'on lise ses articles.

Le gros problème de la home, c'est un empilement sans fin de blocs qui n'ont pas trop d'intérêts. Listons-les (attention, risque d'indigestion. Vous avez le droit de sauter ce paragraphe) :

* Premier niveau
- A gauche : les quatre titres, "Et aussi", "Dernière réaction", les chiffres de la bourse
- A droite : le prochain chat, les dépêches, l'édition abonnés

* 2e niveau
- A gauche : L'édition abonnés (encore ?!), les élections américaines, puis un bloc en 3 onglets : Opinions, Blog, et Témoignages (un peu foutage de gueule cette rubrique : le journal demande aux lecteurs de témoigner sur un problème d'actualité, un moyen facile d'avoir des témoignages sans aller sur le terrain !)
- A droite : Votre sélection (un flux d'info sélectionné par l'abonné), les blogs invités

*3e niveau
- A gauche :  En continu, En images, Rubriques, A ne pas manquer, Sport
- A droite :  La revue de web, les articles les plus envoyés/commentés

* Dernier niveau (le caniveau ?)
Pêle-mêle, les services du Monde (faire-parts, petites annonces), les partenaires (Parship, Talents.fr), le programme télé, la Météo, les jeux, le trafic ... et enfin, le module d'abonnement.

 
Vous avez survécu ???? Je ne sais pas qui a osé commettre une maquette pareille, mais j'ai rarement vu tel fouilli. Il serait temps de comprendre qu'on ne veut pas le maximum d'info sur la home telle une bouillie infâme, sans aucune hiérarchie, mais au contraire un flux clair qui permet d'avoir en un clin d'oeil (en un coup de souris) l'actualité du jour. Un peu comme sur le Figaro.fr
Par Chloé - Publié dans : Internet
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Samedi 27 septembre 2008
- Je critiquais l'émission Médias lors de sa première, mais je dois reconnaître que je la regarde désormais avec plaisir chaque semaine. Certes, ce n'est pas une émission critique des médias, mais au contraire une émission sur l'actu des médias, nuance. Et il y a des moments amusants. La semaine dernière, PPDA n'a pas supporté que Thomas Hugues remettent en cause ses chiffres d'audience lorsqu'il était sur TF1. PPDA se base sur les chiffres d'il y a un an, où on voit un net écart avec ceux actuels de Laurence Ferrari. Hugues proposait lui les chiffres de juin dernier, qui sont assez proches de ceux de septembre. PPDA s'est bien énervé, et c'était bien drôle.
 
Au passage, bravo pour cette table tactile totalement inutile, passons.
Cette semaine, on a eu droit au clash Christophe Barbier / FOG, Thomas Hugues devant hausser la voix pour rétablir le calme. Vivement la semaine prochaine !

- Les nouvelles émissions télé ont beaucoup de mal à prendre. France 2 se casse les dents avec ses nouvelles émissions à 19h, et ne parlons pas de la catastrophe Hondelatte. De 7.8% de part de marché à la première (ce qui était déjà médiocre), l'émission est passée hier à 5.3%, soit 700 000 téléspectateurs, ou une baisse de 100 000 téléspectateurs en une semaine. Jusqu'où ira la baisse ? Il faut dire que l'émission n'est vraiment pas bonne ... Il faut vraiment s'armer de courage pour regarder jusqu'au bout.

- Après la glorification, c'est l'heure de l'alali pour Laurence Ferrari. L'audience de son JT s'est effrondré de 40 à 33% de part de marché, beaucoup moins bien que PPDA. Selon les études, Ferrari serait beaucoup trop clivante, les téléspectateurs la trouvent trop froide, agressive, et elle coupe trop la parole aux invités. Là, je ne peux m'empêcher de penser qu'on ne risque pas de voir des journalistes corrosifs à la mode anglo-saxonne sur nos télévisions si les téléspectateurs de TF1 trouvent Ferrari trop agressive ... TF1 pleure, mais France 2 sort le champagne. Le JT de Pujadas a recueilli un million de nouveaux fidèles, partis de la paroisse TF1 vers celle du service public. Qui sait, peut-être que Pujadas va passer devant Ferrari sous peu ? Rien d'impossible, l'écart entre les deux JT est très faible. Un sacré coup pour la suprématie de TF1 dans le domaine de l'information. 
Par Chloé - Publié dans : Rapido
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L'ESJ me prenant plus de temps que prévu, je pense mettre à jour ce blog le week end. Stay tuned !

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